Savoie · Massif des Cerces · Trek 2 jours · Bivouac · Niveau confirmé 26 km · 1 600 m D+ · 2 jours
Si vous cherchez un trek de deux jours dans les Alpes, entre lacs sauvages, cols d’altitude et bivouac au calme, le tour de la Pointe des Cerces coche toutes les cases. Situé au cœur du massif des Cerces, à cheval entre la Savoie et les Hautes-Alpes, ce circuit offre des paysages variés et des panoramas à couper le souffle — sans pour autant être réservé aux alpinistes chevronnés. cet itinéraire offre l’un des plus beaux condensés de montagne entre Savoie et vallée de la Clarée. Voici le guide complet pour préparer votre randonnée.
Pourquoi faire le tour de la Pointe des Cerces ?
Ce qui rend ce trek vraiment particulier, c’est sa diversité. En deux jours, on passe par des univers complètement différents : les pelouses fleuries autour du lac des Cerces, les panoramas vertigineux des cols, l’ambiance minérale et sauvage du lac des Béraudes, puis la douceur de la vallée de la Clarée avec ses mélèzes et son torrent. Pas une seule heure de marche ne ressemble à la précédente.
Autre atout : le massif des Cerces reste encore relativement confidentiel. On est loin de la foule du Mont Blanc ou du GR20. On croise des randonneurs, bien sûr, mais on garde cette sensation d’espace et de liberté qui fait tout le charme d’un bivouac en altitude.
Et puis il y a les lacs. Sept au total sur le circuit — du lac des Cerces au lac Rond en passant par le lac des Béraudes et le lac du Grand Ban. Des eaux turquoise, des reflets de sommets, des bouquetins qui s’approchent sans se méfier. C’est pour ça qu’on vient dans les Cerces.

Itinéraire du tour des Cerces en 2 jours
Jour 1 : de Plan Lachat au lac Rond via les cols d’altitude
19 km · 1 350 m D+ · 1 journée. Cette première étape est longue. Partez tôt.
Plan Lachat → Lac des Cerces
Le sentier démarre depuis le parking de Plan Lachat et monte sans détour vers le lac des Cerces, à 2 410 mètres d’altitude. La montée est franche, régulière, dans un paysage qui s’ouvre progressivement sur le massif. Le lac apparaît dans un écrin de pelouses vertes et fleuries, entouré de sommets — une première récompense avant les choses sérieuses.


Le col de la Ponsonnière : le belvédère inattendu
Depuis le lac des Cerces, on monte au col de la Ponsonnière (2 613 m). Et là, la vue s’ouvre sur quelque chose d’inattendu : les Écrins en toile de fond, le petit lac de la Ponsonnière en contrebas, le Grand Lac dominé par la Roche Colombe. C’est l’un des plus beaux panoramas de la rando — et on n’est pas encore au col des Béraudes.

Le col des Béraudes : technique mais magnifique
C’est le passage clé du tour. Et le plus engagé.
La montée au col des Béraudes (2 770 m) se fait dans un pierrier, par une cheminée équipée d’un câble. On pose les mains, on se tracte, on progresse prudemment. Et en juillet, attention : les névés peuvent encore être bien présents sur le sentier, rendant le passage nettement plus délicat. Ne pas sous-estimer ce col — il mérite qu’on s’y prépare et qu’on choisisse sa fenêtre météo avec soin.
Une fois en haut, la récompense est à la hauteur de l’effort. D’un côté, les Écrins et leurs glaciers. De l’autre, le lac des Béraudes qui apparaît d’un coup — bleu turquoise, serti dans un cirque minéral vertigineux.
La descente côté Béraudes n’est pas équipée — et elle est vertigineuse. Pas de câble, un terrain abrupt, quelques passages exposés. On reste concentré, on choisit soigneusement ses appuis, et on prend le temps qu’il faut.


Le lac des Béraudes
Arrivée au bord du lac des Béraudes — pause méritée. L’eau est d’un bleu irréel, presque surréaliste dans ce cadre ultra-minéral. Des bouquetins traînent souvent dans le secteur, indifférents aux randonneurs. On sort le pique-nique, on lève les yeux, on soffle. C’est beau.


Descente dans la vallée de la Clarée
Depuis le lac des Béraudes, 500 mètres de dénivelé négatif pour rejoindre le bas de la vallée de la Clarée. La descente est longue, les genoux accusent — surtout avec un sac de bivouac dans le dos. Mais en arrivant dans la vallée, tout s’apaise. Le torrent de la Clarée coule au milieu, les mélèzes entourent les versants, l’atmosphère devient douce et presque pastorale après l’univers minéral des cols.



Le refuge des Drayères : la pause qui fait du bien
En remontant depuis la vallée de la Clarée, le refuge des Drayères (2 180 m) tombe à pic pour une pause boisson et goûter avant d’attaquer la dernière montée. Idéal pour reprendre des forces avant le col des Cerces.
À noter : il est tout à fait possible de bivouaquer avant d’atteindre le lac Rond si la journée a été longue. Plusieurs beaux spots existent dans la vallée de la Clarée. Autre option : le refuge des Drayères (2 180 m), situé plus bas dans la vallée. Le bivouac y est toléré, mais uniquement à plus de 500 mètres du refuge — c’est la règle à respecter.

Bivouac au lac Rond : le spot parfait
On remonte doucement la vallée jusqu’au lac Rond (2 459 m) — le spot bivouac idéal pour cette première étape. Magique. C’est le bon mot. Le lac est calme, le massif des Cerces se reflète dans l’eau, le soleil descend doucement derrière les crêtes. On plante la tente, on prépare le repas, on écoute le silence.




Jour 2 : retour par le col des Cerces et les lacs d’altitude
7,5 km · 250 m D+ · 600 m D-
Le réveil au bord du lac Rond a quelque chose de particulier. L’air est frais, la lumière rasante du matin sur les sommets… difficile de replier la tente sans traîner un peu.
Lac du Grand Ban
On repart en direction du lac du Grand Ban — un autre joyau de ce secteur, plus sauvage encore que le lac Rond. Deux lacs, deux ambiances, à quelques minutes de marche l’un de l’autre.
Option raccourcie : si vous êtes à court d’énergie ou que la météo se dégrade, il est tout à fait possible de redescendre directement au parking depuis le lac du Grand Ban, sans passer par le col des Cerces.

Col des Cerces et retour
La remontée vers le col des Cerces (2 574 m) est plus douce que celle des Béraudes — pas de câble, pas de névé, juste une montée régulière dans un paysage minéral et lumineux. Depuis le col, on redescend vers le lac des Cerces, déjà croisé la veille, avant de rejoindre le parking du Plan Lachat par le sentier du départ.

Infos pratiques pour le tour des Cerces
| Départ / Arrivée | Parking du Plan Lachat, Valloire (Savoie) |
| Durée | 2 jours |
| Niveau | Modéré — bien balisé dans l’ensemble, sauf le col des Béraudes (engagé) |
| Distance totale | ~26 km |
| Dénivelé total | ~1 600 m D+ |
| Jour 1 | 19 km · 1 350 m D+ |
| Jour 2 | 7,5 km · 250 m D+ · 600 m D- |
| Bivouac | Lac Rond (J1) — spot idéal |
| Alternative | Refuge des Drayères (bivouac toléré à +500 m) |
| Meilleure période | Juillet à septembre — le col des Béraudes peut être difficile voire impossible avant fin juin |
À emporter
- Matériel de bivouac complet (tente, sac de couchage chaud, réchaud)
- Crampons légers ou guêtres si passage en début juillet (névés possibles au col des Béraudes)
- Bâtons — indispensables dans les descentes avec sac chargé
- Réserve d’eau suffisante : peu de sources fiables sur le parcours
Les règles d’or du bivouac en montagne
Bivouaquer dans le massif des Cerces, c’est un privilège. Pour que ça le reste, quelques règles de base à connaître et à respecter :
- Eaux usées loin des lacs : savon biodégradable uniquement, et à bonne distance des points d’eau.
- Arriver tard, partir tôt : la règle d’or. On s’installe après 19h, on lève le camp avant 9h.
- Ne laisser aucune trace : tout ce qu’on apporte, on le repart. Déchets, restes alimentaires, rien ne reste sur place.
- 500 mètres minimum autour des refuges : le bivouac sauvage est toléré, mais à distance respectueuse des refuges gardés. Aux Drayères, c’est 500 m minimum.
- Pas de feu : interdit en altitude, et pour de bonnes raisons. On cuisine au réchaud.
- Respecter la faune et la flore : ne pas s’installer sur des zones de végétation fragile, ne pas déranger les animaux.

Baignade dans les lacs de montagne : ce qu’il faut savoir
Le lac des Béraudes, le lac Rond, le lac du Grand Ban… autant de plans d’eau magnifiques qui donnent envie de piquer une tête. Mais attention : la baignade est interdite dans la majorité des lacs de montagne, et pour de bonnes raisons. Ces lacs sont souvent des réservoirs naturels ou des zones protégées où la faune et la flore aquatiques sont extrêmement fragiles. La crème solaire, les répulsifs et même les résidus de transpiration peuvent avoir des impacts importants sur ces écosystèmes. Avant de plonger, on vérifie la réglementation locale — et en cas de doute, on s’abstient.
FAQ : organiser son trek dans les Cerces
Le tour des Cerces est-il adapté aux débutants ?
Non. C’est une randonnée pour marcheurs confirmés, habitués au terrain alpin. Le col des Béraudes, avec son câble et ses névés potentiels en début de saison, demande un bon sens de l’équilibre et une expérience de la haute montagne.
Peut-on faire le tour des Cerces sans bivouac ?
La boucle complète en une journée depuis Plan Lachat est possible mais très longue et exigeante. La version 2 jours avec bivouac est bien plus confortable et permet de vraiment profiter des paysages.
Quelle est la période idéale pour le col des Béraudes ?
De mi-juillet à septembre. En juin ou début juillet, les névés peuvent rendre le col des Béraudes très glissant voire dangereux. Vérifiez les conditions avant de partir.
Y a-t-il du réseau téléphonique sur le parcours ?
Très peu, voire pas du tout sur la majeure partie du circuit. Téléchargez votre trace GPS hors ligne avant le départ.
Peut-on dormir au refuge des Drayères plutôt qu’en bivouac ?
Oui, le refuge des Drayères est une bonne alternative pour la nuit de J1. Réservation recommandée en haute saison.
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