Savoie · Haute-Maurienne · Randonnée · 15 km · 1 000 m D+ · 5h
Il y a des randonnées qu’on oublie rapidement, et puis il y en a d’autres qui restent gravées. Celles dont on repense aux paysages des mois plus tard, en se disant que c’était irréel. La randonnée au lac glaciaire du Grand Méan, en Haute-Maurienne, c’est clairement dans cette deuxième catégorie. C’est sans hésiter l’une des plus belles randonnées que j’ai faites.
Le départ depuis l’Écot, au-dessus de Bonneval-sur-Arc
La randonnée commence au hameau de l’Écot, à 4 km au-dessus de Bonneval-sur-Arc, à 2 000 mètres d’altitude, aux portes du Parc National de la Vanoise. L’Écot, c’est un hameau classé, composé de vieilles bâtisses de pierre.
Accès : depuis Bonneval-sur-Arc, prendre la direction de l’Écot. Route étroite, à double sens — on y va doucement. Le parking est payant en juillet-août (1€ de l’heure), et gratuit à partir de la mi-septembre. Si tu veux éviter la galère, arrive tôt le matin : le parking se remplit vite en haute saison.
Bon à savoir : en été, une navette bus relie Bonneval-sur-Arc à l’Écot (ligne 7). Pratique si tu veux laisser ta voiture au village.

L’itinéraire pour la randonnée du lac glaciaire du Grand Méan
Un décor qui change à chaque virage
C’est ce qui m’a le plus frappée sur cette randonnée en Haute-Maurienne : les paysages sont totalement différents d’un segment à l’autre. On n’a pas l’impression de faire la même rando du début à la fin. Chaque partie a sa propre ambiance, son propre caractère.
La montée au cirque des Évettes : droit dans le pentu
On part du parking et ça monte. Directement. Pas de mise en jambes progressive, pas de faux plat pour se chauffer — le sentier attaque franchement vers le cirque des Évettes. C’est soutenu, ça grimpe sérieusement… Mais cette montée franche a quelque chose de grisant : on voit le paysage s’ouvrir à vue d’œil, les sommets apparaître les uns après les autres.




Le Plan des Évettes : ambiance Islande
On arrive sur le Plan des Évettes. Et là, changement de décor total. Un vaste plateau herbeux, des étendues vertes, et ce qui frappe en premier : un cours d’eau à la couleur irréelle, bleu laiteux, bleu glaciaire — cette teinte qu’on ne voit que là où l’eau vient de fondre sous un glacier. J’avais vraiment l’impression d’être en Islande. C’est doux, presque irréel.
On traverse ensuite le Pont Romain, un pont en arche datant de l’époque romaine dont la présence en ces lieux est presque surréaliste. À partir de là, l’itinéraire n’est plus balisé — on suit des cairns et son instinct. Le terrain devient plus technique : pierriers, dalles rocheuses, passages qui demandent à s’aider des mains. Rien d’extrême, mais on sort de la simple balade. Bouquetins et chamois sont souvent au rendez-vous dans ce secteur sauvage.



Le lac glaciaire du Grand Méan : bout du monde
Et puis, après un dernier effort sur des dalles parfois glissantes, il apparaît.
Le lac glaciaire du Grand Méan, à 2 876 mètres d’altitude.
Je ne saurais pas vraiment décrire ce que j’ai ressenti à cet instant. Une falaise de glace plonge directement dans les eaux du lac. Des petits icebergs flottent à la surface. Le glacier craque, gronde, laisse parfois tomber des blocs dans un vacarme sourd. On entend le glacier vivre. C’est à la fois fascinant et un peu intimidant. Le glacier du Grand Méan culmine à 3 260 mètres — il vous domine de toute sa hauteur.
On ne s’y attend pas. Et pourtant — la falaise de glace qui plonge dans le lac, les icebergs qui dérivent, cette lumière froide et bleue… C’est la Patagonie. En pleine Savoie. Ça laisse sans voix.
Prenez le temps de vous asseoir, de manger votre pique-nique, d’écouter. On ne croise pas grand monde ici, et c’est rare de trouver un endroit aussi sauvage et aussi accessible à la journée depuis Bonneval-sur-Arc.





Infos pratiques
| Départ | Hameau de l’Écot, Bonneval-sur-Arc (2 022 m) |
| Distance | ~15 km |
| Dénivelé + | ~1 000 m |
| Durée | 5h (pauses comprises) |
| Difficulté | Soutenu — passages techniques, dalles, mains courantes |
| Balisage | Balisé jusqu’au refuge des Évettes, puis cairns uniquement |
| Parking | Payant juillet-août / gratuit mi-septembre |
| Meilleure période | Juillet à septembre |
Points d’attention
- Météo : ne pas tenter par temps couvert ou si le sol est mouillé. Les dalles deviennent dangereuses.
- Altitude : le manque d’oxygène peut se faire sentir à partir de 2 500 m. Pas de panique, on adapte le rythme.
- Horaire : partir tôt pour éviter la foule au parking et avoir le lac pour soi.


Et Bonneval-sur-Arc dans tout ça ?
La rando, c’est le clou du spectacle. Mais Bonneval-sur-Arc, c’est le cadre qui va avec — et il mérite qu’on s’y attarde.
Seul village savoyard labellisé « Plus Beaux Villages de France », Bonneval a su préserver quelque chose de rare : son âme. Niché à 1 800 mètres d’altitude au fond de la vallée de la Haute-Maurienne, dans le Parc National de la Vanoise, il fait partie de ces endroits où le temps semble s’être arrêté. Les maisons trapues en pierres taillées aux toits de lauze se serrent les unes contre les autres dans des ruelles étroites.
Et si vous avez la chance d’y être en fin de journée, après la rando, les muscles encore chauds et la tête pleine de glacier : les ruelles dorées par le soleil de fin d’après-midi, une bière bien fraîche en terrasse… il n’en faut vraiment pas plus pour être heureux.

FAQ — Vos questions sur la randonnée au lac du Grand Méan
La randonnée au lac glaciaire du Grand Méan est-elle difficile ? C’est une randonnée soutenue, accessible à tout randonneur habitué à la montagne. Le dénivelé de 1 000 m et les passages sur dalles non balisés au-delà du Pont Romain demandent un bon niveau physique et de bonnes chaussures.
Quelle est la meilleure période pour faire cette randonnée ? De juillet à septembre est idéal. En juin, la neige peut encore encombrer les dalles et rendre l’accès au lac dangereux. À partir de mi-septembre, le parking devient gratuit et la fréquentation diminue — c’est souvent le meilleur moment pour profiter du lac dans la tranquillité.
Peut-on faire la randonnée avec des enfants ? Pour des enfants plus jeunes, mieux vaut s’arrêter au refuge des Évettes ou au Plan des Évettes, qui offrent déjà de très beaux panoramas sur le cirque glaciaire et l’Albaron.
Y a-t-il un refuge pour dormir sur place ? Oui, le refuge des Évettes (2 594 m) permet de faire la randonnée sur deux jours, avec une première nuit en altitude pour mieux profiter du lac le lendemain matin. Réservation indispensable en été.
Comment accéder à Bonneval-sur-Arc ? En voiture depuis Chambéry : autoroute A43, sortie Modane, puis D1006 direction Bonneval-sur-Arc (environ 2h). Le village se situe au pied du col de l’Iseran, fermé en hiver.
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